Bonne fête de saint Jean de Dieu !

8 mars : fête de saint Jean de Dieu, fondateur de l’Ordre hospitalier et patron des malades et du personnel soignant. A cette occasion, voici un poème rédigé par Frère Jérôme Gravereau, frère hospitalier et infirmier, qui raconte la vie de saint Jean de Dieu sous forme de prière.

De ton enfance, je ne sais rien.
Pourquoi as-tu quitté ton village, tes parents ? Qui as-tu rencontré ?
Quelles chimères ont peuplé tes rêves ? Quelle sombre étoile as-tu suivi ?
Es-tu parti à ton corps défendant ? As-tu voulu voguer vers un nouveau monde ?
Ô Saint Jean de Dieu, apprends-moi à tourner mon regard vers Dieu seul.

Eduqué par ton père adoptif, tu n’es pas satisfait. Francisco, sa fille, veut te faire épouser,
Mais ton cœur, ton esprit, ne peuvent accepter. Tu es déjà loin.
Des troupeaux aux batailles, des chevaux aux murailles, mille métiers, il te faut éprouver.
Tu as soif de vie, ton âme est sans repos. Tu vas par le monde, mais vide est ta vie.
C’est la nuit, le désert.
Ô Saint Jean de Dieu, soutiens-moi quand le doute et le désespoir m’enserrent, donne-moi de trouver en Jésus la lumière.

Sur les routes d’Andalousie, te voilà libraire.
Tu vends de villages en villages, livres saints et saintes images.
Qui es-tu, petit enfant qui croise son chemin ? Qui es-tu pour marcher avec lui ?
Quel est ce fruit que tu lui tends ? Une grenade, soit, de la ville proche en est le symbole.
Que veux-tu dire par « Grenade sera ta croix » ?
Le mystère est grand et Jean, interdit, poursuit seul sa route. L’enfant est parti.
Ô Jésus, tu nous parles souvent de manière détournée
et nos yeux d’aveugle ne voient pas dans les choses simples que tu es là.
Tu marches à nos côtés et nous ne te voyons pas, tu nous montres le chemin et nous regardons ailleurs.

Grenade, enfin, apparait. Passée Puerta Elvira, tu désires t’installer. Es-tu las de marcher ?
Une échoppe tu achètes, une nouvelle vie commence.
Dieu, on ne peut te trouver dans la tempête ou l’orage, c’est dans le calme de notre vie que la brise de ta voix, à nos cœurs peut parler.

Que se passe-t-il ce matin-là ? Tout Grenade est en émoi. Jean d’Avila, l’apôtre de l’Andalousie est là.
A l’Hermitage des martyrs il prêchera. Grenadin dépêche-toi, la parole de Dieu t’apportera.
Jean gravit la Cuesta de los Gomeles pour écouter ce saint homme. Et là, tout bascule.
Les paroles des Béatitudes, frappent le cœur de Jean. Il s’effondre et crie ‘Miséricorde’ !
Il hurle par les rues, se roule dans la boue, arrache ses vêtements, donne livres et argent.
Il erre hagard, il est perdu. Il est fou !
Ô Dieu, ta parole est plus tranchante qu’un glaive. Elle perce les cœurs et met notre âme à nu.
Elle nous dévoile tel que nous sommes, des pécheurs, des hommes perdus.

Pris en pitié à l’hôpital royal on te conduit, et ton calvaire commence.
Chaines et fouet sont ton quotidien, mais pour les autres tu te plains.
Ce sont tes enfants, Dieu, que l’on maltraite, ô Dieu cela ne peut être !
« Donne-moi, mon Dieu, la grâce de pouvoir soigner les malades à ma façon »,
C’est ta prière, Jean, et Dieu te prend au mot.
Ô Dieu, il nous faut passer parfois par le feu du creuset de la forge,
pour que nous soyons purifiés de nos souillures.
Mais quelques soient nos épreuves, tu es là. Tu as dans ton cœur de Père, un projet pour nous.
Tu nous aimes et veux notre bien.
C’est parfois dans l’épreuve que nous découvrons ce que tu veux pour nous.
Mais jamais tu ne nous abandonnes.

Rétabli, tu t’empresse d’accueillir les pauvres, les malades, les estropiés, les fiévreux, les prostituées.
Tous les miséreux trouvent place à tes côtés. Tu ne te ménages point,
tout entier au service de ceux qui sont image de Jésus à tes yeux.
Soins, nourriture et gîte tu prodigues, tu n’hésites pas non plus à parcourir les rues
en quête d’aumône et de pain. Ton crie partout retenti :
« Faites-vous du bien mes frères en donnant aux pauvres ! »
Ta charité est si grande, ta piété si profonde, que tu instilles à d’autres le désir de te suivre.
Ceux qui avant te raillaient, aujourd’hui sont touchés. Tant d’amour, de bonté se peut-il ?
De fou te traitaient ? Jean de Dieu tu seras désormais.
Saint Pie V dit de ton œuvre : « C’est la fleur qui manquait au jardin de l’Eglise !»
Des hôpitaux, il n’en manquait à Grenade. Mais aucun ne fut comme le tien.
Jésus est là, devant toi, dans la souffrance et la misère des hommes.
Et Jésus te donne ses mains, sa voix, ses oreilles, son cœur, pour dire à ceux qui souffrent dans leur corps ou dans leur esprit :
« Aie confiance, Dieu t’aime plus que tout car tu es son enfant. »
En soignant les corps tu touches l’âme des souffrants. Dieu n’abandonne pas ses enfants, Dieu est Amour. Tout entier au service des autres, tu ne penses à toi-même.
Dans les eaux du Genil tu plonges sans souci pour sauver du torrent une âme en péril.
La fièvre te prend et de soignant, malade tu deviens. Pour guérir, il te faut quitter les tiens.
Epuisé, à genoux tu expires, rendant ton âme à celui que, longtemps, tu as cherché,
et dans le souffrant, as trouvé.

Fou tu étais, mais fou d’amour. Fou de Dieu, fou des hommes.
C’est Dieu que l’on blesse en blessant l’homme. En le soignant, tu redonnes sa dignité.
Dieu nous a manifesté son amour en nous envoyant son Fils.
Jésus nous dévoile l’amour du Père en faisant le bien.
Jean de Dieu, l’Esprit de Dieu s’est manifesté en toi, pour qu’à l’exemple de Jésus, tu témoignes :
Dieu est amour.
Ô Jean de Dieu, fais qu’à ton exemple je serve les souffrants de toutes mes forces,
sans autre gloire que d’avoir fait la volonté de Dieu en ses enfants.
Amen, Jésus !


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