50 ans de vie donnée au Seigneur et aux malades

Ce jeudi 25 mai 2017, en la solennité de l’Ascension, Frère Bernard Delaby et Frère Olivier Bonnaud ont fêté leur jubilé de 50 ans de vie religieuse, à Paris. L’occasion de faire mémoire « de cette longue et belle route parcourue », comme l’a rappelé Frère Alain-Samuel Jeancler, supérieur provincial, au cours de la célébration réunissant familles et amis des deux frères.

Cher Frère Olivier, Cher Frère Bernard,

Vous allez franchir la porte de votre jubilé d’or de vie religieuse, c’est le temps de faire mémoire de cette longue et belle route que vous avez parcourue en tant que religieux hospitaliers de saint Jean de Dieu auprès d’une multitude de personnes qui ont eu besoin de vous, de vos services, de vos soins, de vos prières. C’est le temps de rendre grâce avec vos familles et vos frères en religion. En puisant dans le témoignage de personnes qui ont bénéficié de votre dévouement je veux vous rendre hommage en rappelant quelque peu ce que vous avez fait de ces morceaux de temps remis entre vos mains il y a 50 ans, ces morceaux de temps qui vous ont fait comprendre combien l’amour des autres et du prochain est important dans la vie. Un conte saura nous le redire au terme de cette brève allocution.

Tout d’abord votre vocation à tous deux s’enracine dans le témoignage de vie apostolique des frères et s’enrichit à leur contact devant leur service humble, fidèle, quotidien auprès des malades.

Pour vous, Frère Olivier, c’est en allant à Lourdes avec un ami et collègue de travail qui vous a invité à l’accompagner pour véhiculer les personnes en fauteuils roulants. C’est alors que, dans le train blanc qui vous mène au Sanctuaire Marial, vous découvrez dans les wagons des hommes en grande blouse blanche avec un habit noir en dessous. Ce ne sont autres que des frères de saint Jean de Dieu du Centre de la Rue Lecourbe à Paris qui accompagnent des personnes handicapées…et voilà le déclic de votre vocation naissante : qui sont ces frères ? Où sont-ils ? Que font-ils ? Vous aurez par la suite tout le loisir de le savoir en les fréquentant de plus en plus souvent dans cette Maison de la Rue Lecourbe qui vous est chère et pour cause, n’est-elle pas la matrice de votre vocation religieuse ?!

Pour toi, Frère Bernard, il en va de même, c’est en côtoyant un frère s’occupant des malades mentaux à Dinan que tu te sens touché au plus profond de toi-même. Ta vocation qui avait germé peu de temps auparavant dans le cadre de ton emploi salarié à l’hôpital psychiatrique de Caen peut enfin éclore et fleurir au contact de ces frères dont les qualités de cœur et de disponibilité te bouleversent positivement au point que tu vas vouloir devenir l’un des leurs.

Dans l’histoire de toute vocation, il y a toujours des « intermédiaires », des personnes que le Seigneur place sur notre route et qui jouent un rôle prépondérant dans la réponse à donner à l’appel reçu. On ne dira jamais assez combien le témoignage de vie, de joie, de cohérence, de dévouement et d’union à Dieu est important pour que de nouvelles vocations surgissent, ce que vos histoires personnelles, mes frères, semblent encore nous confirmer aujourd’hui.

Une vocation, c’est un peu comme un puzzle, quand elle commence à s’assembler, on ne voit pas encore très bien, très clairement ce que ça va donner puis au fil du temps, une impression se dessine, une image peu à peu apparaît… et toute la vie ce puzzle vocationnel se précise et se construit. Chers frères Olivier et Bernard, je pense qu’aujourd’hui, après 50 années de vie donnée au Seigneur, c’est cette image qu’il vous est à présent donné de voir et de contempler et plus que l’image elle-même, c’est enfin sa beauté qui vous est dévoilée : la beauté de l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous.

(…) Aujourd’hui vous poursuivez votre apostolat de frère hospitalier de saint Jean de Dieu, 50 ans après avoir dit votre premier « Oui » au Seigneur, un « Oui » que chaque jour vous continuez de dire et de vivre dans la simplicité du quotidien.

L’amour a été le fil conducteur de vos vies données : tout d’abord l’amour de Dieu reçu et vécu en intimité avec lui, puis l’amour de Dieu partagé avec vos frères en religion et enfin l’amour de Dieu donné à tous ceux que votre apostolat hospitalier vous faisait rencontrer, soigner, aider. N’est-ce pas « par l’amour que nous aurons les uns pour les autres que nous serons reconnus comme disciples du Seigneur » nous dit l’Evangile de Jean et n’est-ce pas encore aussi sur l’amour que nous serons jugés, précise toujours l’Ecriture ? Alors, certes nous célébrons aujourd’hui 50 années et nous nous émerveillons de cette durée mais beaucoup plus que la longévité, c’est de l’intensité et de la profondeur du vécu qu’il nous faut nous réjouir et rendre grâce à Dieu.

Frère Alain-Samuel JEANCLER
Supérieur Provincial

Le conte de l’amour et du temps

Il était une fois, une île où tous les différents sentiments vivaient : le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainsi que tous les autres, l’Amour y compris. Un jour on annonça aux sentiments que l’île allait couler. Ils préparèrent donc tous leurs bateaux et partirent. Seul l’Amour resta. L’Amour voulait rester jusqu’au dernier moment. Quand l’île fut sur le point de sombrer, l’Amour décida d’appeler à l’aide. La Richesse passait à côté de l’Amour dans un luxueux bateau. L’Amour lui dit, « Richesse, peux-tu m’emmener ? » « Non car il y a beaucoup d’argent et d’or sur mon bateau. Je n’ai pas de place pour toi. » L’Amour décida alors de demander à l’Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau, « Orgueil, aide moi je t’en prie ! » « Je ne puis t’aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau. » La Tristesse étant à côté, l’Amour lui demanda, « Tristesse, laisse moi venir avec toi. ». « Ooh… Amour, je suis tellement triste que j’ai besoin d’être seule ! » Le Bonheur passa aussi à côté de l’Amour, mais il était si heureux qu’il n’entendit même pas l’Amour l’appeler ! Soudain, une voix dit, « Viens Amour, je te prends avec moi. » C’était un vieillard qui avait parlé. L’Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu’il en oublia de demander son nom au vieillard. Lorsqu’ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s’en alla. L’Amour réalisa combien il lui devait et demanda au Savoir « Qui m’a aidé ? » « C’était le Temps » répondit le Savoir. « Le Temps ? » s’interrogea l’Amour. « Mais pourquoi le Temps m’a-t-il aidé ? » Le Savoir sourit plein de sagesse et répondit : « C’est parce que seul le Temps est capable de comprendre combien l’Amour est important dans la Vie. » (Lila Khaled)

 


Retrouvez le portrait de Frère Bernard Delaby 

Retrouvez le portrait de Frère Olivier Bonnau