Rencontre avec Frère Claude, jeune médecin togolais

A l’occasion de sa venue à Madrid pour le 1er colloque de bioéthique de l’Ordre hospitalier, Frère Claude en a profité pour faire escale à Paris et visiter ainsi les établissements Saint Jean de Dieu. Frère hospitalier de Saint Jean de Dieu, Frère Claude a la particularité d’être également médecin, à l’hôpital de Tanguiéta au Bénin. Rencontre…

Frère Claude, vous êtes en Europe à l’occasion du congrès de bioéthique. Qu’avez-vous pensé et retenu de ce premier congrès de l’Ordre dans ce domaine ?
La bioéthique concerne les problèmes moraux pour le respect de la dignité humaine face aux progrès scientifiques. Elle pose la question au monde scientifique : est-ce que tout ce qui prouvé comme étant faisable expérimentalement dans les laboratoire, est bien pour l’humanité ? Car nous vivons dans un monde où la norme légale devient un principe moral qu’il faut suivre. 
La devise de ce congrès était « Hospitalité, bioéthique et dignité humaine ». L’hospitalité n’est finalement rien d’autre que l’ouverture de notre cœur pour offrir de l’aide à la personne qui est dans le besoin et lui rendre ainsi sa dignité… Et la bioéthique est là pour protéger cette vie humaine, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle. J’ai beaucoup appris de ce congrès et j’en tiendrai compte pour le début de mon ministère de médecin !

La notion de bioéthique est-elle universelle selon vous ? Est-il possible d’avoir une seule et même position entre toutes les provinces ?
La bioéthique, en tant que domaine non réservé aux médecins, est apparue aux Etat-Unis dans les années 60. Basée sur des interrogations éthiques, ses valeurs sont universelles mais, dans la pratique, cette notion reste liée à notre identité, à notre éducation, à nos origines et à nos cultures. Au sein de l’Ordre, nous formons la famille hospitalière basée sur l’héritage légué par saint Jean de Dieu, ce qui nous permet d’avoir une seule et même vision. Quand un membre de la famille est en situation de souffrance, tous les autres membres ont le devoir de lui venir en aide ! Nous sommes les administrateurs de notre environnement et notre devoir est de promouvoir la santé de la vie où que nous soyons.

Jeune médecin à Tanguiéta, vous vous apprêtez à vous spécialiser. Pourquoi avoir choisi cette voie ?
Mon parcours de médecine n’a pas été facile pour moi, notamment du fait que je ne suis pas très porté sur les études ! Dieu seul sait pourquoi… C’est vrai que le métier de médecin me plaisait, mais ce sont mes supérieurs qui m’ont demandé de suivre cette voie, pour le besoin des malades. J’ai dit oui et c’est comme ça que je me suis retrouvé à l’université de médecine de Parakou, au nord du Bénin, de 2006 à 2016.  

On fête cette année les 20 ans des Amis d’Afagnan et Tanguiéta. Quel message pourriez-vous laisser à tous ces volontaires et bénévoles qui, de France, soutiennent la vice-province du Togo et du Bénin ?
Je rends grâce au Seigneur qui a suscité dans le cœur du Docteur Jean Vergès cette initiative providentielle. A tous les membres de l’association, un sincère merci pour leur soutien permanent à ces personnes qui sont en situation de besoin et auxquelles vous venez en aide avec éthique. Que saint Jean de Dieu notre père fondateur continue de semer dans vos cœurs son style de vie !