[8 mars] Bonne fête de saint Jean de Dieu !

Ce 8 mars est fêté saint Jean de Dieu, fondateur de l’Ordre hospitalier et patron des malades et du personnel soignant. L’occasion de revenir sur celui souvent qualifié d’Aventurier de l’hospitalité, de Saint de la charité, ou encore de Père de l’hôpital moderne et qui continue d’inspirer ceux qui, à sa suite, accueillent, soignent et accompagnent plus d’un million de personnes en difficulté à travers le monde.

Né à Montemor-o-Novo, non loin de Lisbonne (Portugal), le 8 mars 1495, Jean de Dieu – alors João Cidade – transféré en Espagne, vit une vie d’aventures, passant de la carrière militaire à la vente de livres en passant par berger et précepteur. Hospitalisé à l’hôpital de Grenade, il rencontra la réalité dramatique des malades, abandonnés à eux-mêmes et marginalisés et décida ainsi de consacrer sa vie au service des infirmes. Il fonda son premier hôpital à Grenade en 1539. Il mourut le 8 mars 1550. En 1630 il fut déclaré bienheureux par le Pape Urbain VII, en 1690 il fut canonisé par le Pape Alexandre VIII. Fin 19ème, début 20ème, il fut proclamé Patron des malades, des hôpitaux, des infirmiers et de leurs associations. A la suite de saint Jean de Dieu, ceux qui s’appelèrent Frères de la Charité en France, ou encore Fatebenefratelli en Italie, proposent aujourd’hui encore le charisme d’hospitalité légué par leur fondateur à travers 55 pays, au sein de plus de 450 établissements. Les quelque 1100 Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu sont accompagnés dans leur mission par plus de 60.000 collaborateurs laïcs.

Les historiens s’accordent pour dire qu’il n’était pas dans les intentions de Jean de Dieu de fonder une nouvelle congrégation religieuse. Pourtant, ses intuitions de soignant et le rayonnement de sa vie de foi ont rapidement attiré des compagnons à sa suite.Si on prend en compte la définition du mot « fonder » dans le dictionnaire (« édifier, ériger, établir, créer »), on peut dire que saint Jean de Dieu, de 1538 à sa mort, en 1550, a bien été un fondateur, même s’il n’a jamais voulu instituer un ordre en tant que tel*. Il l’a été par son témoignage de vie, par son exemple, à travers ses gestes, son style de vie, ses décisions, ou encore les premières règles établies.

Son expérience fondatrice a été sa rencontre avec les fous à l’hôpital de Grenade et son souhait d’offrir quelque chose de différent aux malades : « Jésus-Christ, faites-moi la grâce d’avoir un hôpital où je recueillerai les pauvres abandonnés et ceux qui ont perdu la raison et je les servirai du mieux que je pourrai. » C’est le contexte de sa situation d’alors qui a enclenché ce processus de foi et de recherche intérieure, le poussant à agir avec détermination pour la personne qui souffre. Ses lettres montrent à quel point saint Jean de Dieu s’est très vite entouré de personnes pour l’aider dans sa mission, les entraînant à devenir eux-mêmes des modèles et des exemples de proximité et de fraternité.

Il est intéressant de souligner que Jean de Dieu n’a jamais cherché à être imité ou récompensé dans son action. Il a toujours été motivé par une passion, fondée sur sa foi en Dieu, avec pour seul objectif d’améliorer la condition de vie des personnes en situation de difficulté, « en faisant le bien de la meilleure manière possible. » Dans le contexte de son époque, il est pour nous le modèle d’un visionnaire audacieux. Aujourd’hui, nous sommes tous acteurs de ce charisme d’hospitalité légué par saint Jean de Dieu que l’on peut ainsi pleinement considérer comme notre fondateur, ou plutôt, comme le « père » de notre Famille hospitalière.


→ Retrouvez les lettres de saint Jean de Dieu sur www.saintjeandedieu.fr/saint-jean-de-dieu

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